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Mouvement loi travail : et maintenant ?

Temps de lecture estimé : 5 minutes

La première manifestation contre la loi travail a rassemblé un demi-million de personnes. Au moins une centaine de lycées bloqués, la contestation s’étend dans les universités. Et maintenant ? Quelques réflexions sur les perspectives de la lutte.

Plusieurs scénarios sont possibles. Le pire étant bien sur que le mouvement se tasse, avant d’être enterré en beauté le 31 mars, dans une grande manif syndicale. Pour conjurer ce risque, il faut compter sur la mobilisation lycéenne et étudiante, bien sûr. Mais pas seulement. Pour s’amplifier encore, le mouvement doit sortir des établissements scolaires, s’ancrer dans la rue, toucher les entreprises, bloquer la production. C’est toute la question : casser ce plancher de verre qui risque dans les prochaines semaines de séparer le mouvement du secteur productif.

Ce que nous combattons dans cette réforme, c’est notre situation présente.

Comme nous l’écrivions dans notre argumentaire contre la loi travail, une grande partie des mesures présentes dans la loi nous semblent déjà familières. Pour la bonne et simple raison qu’il s’agit déjà de pratiques patronales courantes: les heures sup’ non payés, les heures non comptés, le chantage aux licenciements ou encore les 10 heures par jour pour les apprentis… Tout cela fait partie du quotidien de nombres de prolétaires. Ce qui aujourd’hui nous fait descendre dans la rue, c’est la formalisation, dans la loi, de ce quotidien. C’est ce quotidien présenté comme seul avenir possible.

C’est cette même condition qui est aujourd’hui un obstacle à la lutte. Combien ne peuvent faire grève, participer activement au mouvement, car intérimaires, apprentis, précaires ?

Une loi qui attaque aussi des syndicats affaiblis.

La loi travail contient aussi une vaste attaque contre les syndicats au premier desquels la CGT, déjà profondément affaiblie. Là aussi, il s’agit de la généralisation d’une situation déjà présente : par exemple, la loi propose un barème d’indemnité pour l’expulsion des locaux syndicaux par les mairies, ce qui de fait revient à valider ces expulsions. Mais surtout, en s’attaquant aussi brutalement au code du travail, elle retire des mains de la CGT un des ses principaux leviers d’actions ces dernières années : les recours juridiques. Enfin, la loi s’attaque au rôle même des représentant syndicaux dans les négociations. Elle généralise les accords à l’échelle de l’entreprise, tout en introduisant un chantage au référendum, alors même que le licenciement est facilité. C’est marche ou crève, on négociera que la pointure des chaussures.

Pourtant, la réaction des directions syndicales est loin d’être à la hauteur des coups portés. C’est que les syndicats sont faibles, bien plus qu’ils ne l’étaient en 1995. (Année d’un vaste mouvement de grève dans la fonction publique et le secteur privé). Une partie du secteur public à été privatisée. (EDF, GDF, La Poste, France Telecom…). L’autre a subi de profondes restructurations (SNCF, Éducation nationale…).

Au-delà de tout ce que les patrons considéraient comme allant de soit, quelque chose a germé.

Évidemment, si nous nous arrêtions ici, le constat ne serait pas rose. Mais force est de constater qu’il y a mouvement. Que nous étions un demi-million rue le 9 mars. Que cette journée d’action provenait d’un appel Facebook, relayé spontanément par des milliers de personnes, que les centrales syndicales ont été obligées de reprendre.

La prochaine journée d’action nationale est prévue pour le 17 mars, à l’appel de plusieurs assemblées étudiantes, de l’UNEF, etc. Si les confédérations n’appellent pas pour l’instant, plusieurs fédérations, notamment de la CGT et Solidaires appellent à manifester et à la grève ce jour là.

La Fédérations des organismes sociaux CGT appelle à la grève le 17 et le 24 mars. Les trois fédérations CGT de la Fonction publique, fonction publique d’état, territoriale et santé, mais aussi Sud éduc, ont déposé un préavis de grève reconductibles entre du 17 au 31 inclus.  Notons que cela concerne bien entendu l’éducation nationale. Une dizaine d’ unions départementales CGT appellent aussi au 17 mars.  [1] Le 11 mars au soir, c’était au moins le cas de l’UD de Paris (75) Gironde (33) Lot et Garonne (47) Cher (18) Dordogne (24) Nord (59) Puy de Dôme (63) Pyrénées atlantique (64) et Vienne (86

Une nouvelle journée d’action sera sûrement organisée ensuite le 24 mars, pour en arriver enfin au 31.

Ce mois de mars s’annonce donc crucial pour la suite. Si l’on veut qu’il y ait une suite.

A nous de nous organiser en conséquence. Pour cela, il n’y a pas 36 solutions. Il nous faut monter nos propres structures de lutte. Il nous faut des outils pour généraliser la grève, bloquer l’économie.

Ces outils ce sont les assemblées de luttes. Des assemblées pour rassembler chômeurs, salariés précaires ou non, étudiants, pour faire vivre le mouvement.

Entrainer des fractions toujours plus importantes de prolos dans la lutte, cela se construit. Bien sûr, il y a le nécessaire travail de mobilisation à la base, d’explication du contenu même de la loi, de conviction aussi sur la nécessité de la lutte, sur les perspectives d’un mouvement au delà du simple retrait. A cela va se rajouter dans les tout prochains jours la contre-info, puisque nous allons sans doute être pris dans un assaut de propagande médiatique visant à nous faire accepter une version light de la loi travail. Si ce travail est nécessaire, d’autant plus que les organisations syndicales sont aujourd’hui trop faibles pour le mener à bien, il n’est pas suffisant.

Pour construire un feu, il faut souffler sur les braises, mais aussi nourrir le brasier.

Dans les prochaines semaines, ces assemblées de luttes devront aussi être capable d’organiser leurs propres actions, de faire exister le mouvement dans les villes, les quartiers. Enfin, trop d’entre nous ne peuvent pas faire grève ou lutter car ils sont pris à la gorge par les crédits, par le loyer, par les dépenses du quotidien… Nous devons réfléchir ensemble à comment nous attaquer à tout cela. Cela s’appelle construire la solidarité de classe. Cette solidarité est aussi à poser dans le partage des taches au sein de la lutte, notamment sur la question de la garde collective des enfants. On peut juger l’intensité d’un mouvement de lutte par la place qu’y tiennent les femmes prolétaires.

Nous n’avons ici fait qu’effleurer toutes les questions de ces prochaines semaines. C’est qu’on ne peut guère aller plus loin dans un simple article.

Mettons nous en mouvement.

 

Références et sources   [ + ]

1. Le 11 mars au soir, c’était au moins le cas de l’UD de Paris (75) Gironde (33) Lot et Garonne (47) Cher (18) Dordogne (24) Nord (59) Puy de Dôme (63) Pyrénées atlantique (64) et Vienne (86

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