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Que se passe-t-il avec la police ?

Temps de lecture estimé : 4 minutes

Depuis quelques temps, la police fait beaucoup parler d’elle. Un jour, on croise des policiers qui manifestent toutes sirènes hurlantes dans les rues. Un autre, on apprend qu’un jeune habitant d’Aulnay-sous-bois s’est fait violer et mutiler par des policiers. La tension est grande entre les forces de l’ordre et des fractions importantes de la population, excédées par un face à face incessant. A cela répond des manifestations, mais aussi des émeutes, bref un mouvement d’opposition à la police. Alors ? Que se passe-t-il ?

Parler de la police, ce n’est pas comme n’importe quelle corporation, comme les coiffeurs, les boulangers, etc. On parle d’une profession particulière : il s’agit d’un des bras armés de l’état, avec l’armée. Plus exactement, le bras armé de l’état en direction de la population civile du pays.

On pourrait même aller plus loin et dire qu’il n’est pas possible de parler de la police sans parler de l’état. Pour l’anecdote, un policier à qui vous demandez ce qu’il fait dans la vie répondra « fonctionnaire ». Sans plus de précision. Les policiers sont les fonctionnaires par excellence : l’incarnation de l’état.

Et c’est peut-être justement ce rapport à l’état qui aujourd’hui est à cerner, lorsqu’on se demande ce qu’il se passe avec sa police.

Revenons un peu en arrière.

A ces événements auxquels, et ce n’est pas un hasard, nous renvoie régulièrement les discours des responsables syndicaux policiers : les tueries de Charlie Hebdo et de l’hyper casher, ou encore les attentats du 13 novembre.

Suite à ces événements, en particulier en janvier 2015, la figure du policier a été énormément mise en avant. Des manifestations énormes virent des foules applaudir les forces de l’ordre. Quelques temps plus tard, un chanteur ex-contestataire, Renaud, nous expliquait dans un couplet avoir embrassé un flic, entre bastille et république.

A ce moment là, les policiers étaient certes des incarnations de l’état, mais d’un état fantasmé : l’état gentil, celui qui protège contre les terroristes.

Rapidement cependant, cette « protection » se fit plus pressante, l’état d’urgence proclamé, et avec lui sa masse de perquisitions dans les quartiers populaires. De portes fracassées. De personnes embarquées. Menottées en caleçon devant leurs gosses. Avant d’être relâchées quelques heures plus tard sans un mot d’excuse : quoi, on est en guerre, non ? Il y avait déjà là, de quoi faire monter la colère.

Puis, le mouvement contre la loi travail vit les policiers face aux manifestants dans les rues. Tout le monde, au sein de notre classe, les exploités, était contre cette loi. Il était difficile pour beaucoup d’entre nous de faire grève, de lutter, mais un constat unanime était établi : c’était une attaque de plus contre notre condition, nos salaires, alors que déjà ça ne va pas fort.

Et toujours, nous avions la police face à nous. Bien sûr, contrairement à ce que disait un slogan du printemps dernier, « tout le monde » ne déteste pas la police… Mais en tout cas, plus question d’applaudir les porteurs de matraques.

Sur le racisme des policiers.

Il est évident qu’un certain nombre de policiers sont racistes. L’explication est assez simple : dans notre société, on nous apprend que ce n’est pas bien de taper sur des gens. Or, c’est justement une bonne partie du travail de flics, de faire usage de la violence sur autrui. Se créer des justifications du type «  ils ne sont pas comme nous » pour continuer à faire son boulot, est donc un mécanisme logique. La fonction de policier produit ainsi des préjugés racistes et il y a fort à parier qu’ils sont entretenus par un ensemble d’attitudes des uns et des autres, de « blagues »… Le racisme y côtoie d’ailleurs a n’en pas douter des préjugés plus généraux sur les jeunes en survèt’, bref tout ce qui d’une manière ou d’une autre laisse penser que tu as le profil d’un galérien.

Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis les émeutes de 2005, la situation sociale n’a fait qu’empirer. Le chômage, le taf au black sous-payé. Que la seule réponse de l’état a été d’envoyer plus de policiers dans les quartiers. L’état n’a d’ailleurs en général rien d’autre à nous proposer aujourd’hui. Il ne distribue plus que des coups. Dans les quartiers populaires, ou le chômage grimpe au plafond : tu bouges on t’envoie les flics. Dans une usine qui ferme : vous bougez les CRS vous tombent dessus.

Et donc forcément, on se retrouve face à face, ennemis.

Voici où nous en sommes : nous aurons, c’est une certitude, toujours plus la police face à nous.

Dans un tel contexte, dans un face à face aussi tendu, il n’est pas étonnant que les choses dégénèrent. Ce que l’état demande à sa police,  être toujours plus répressive et violente, toujours plus armée, ne peut amener qu’à la multiplication des exactions. Cela n’est pas prêt de s’arrêter. Regardons ailleurs en Europe, dans le monde : partout, la situation empire. Partout, la répression augmente.

Les jeunes ouvriers [1] car il s’agit bien souvent d’ouvriers, et que cela ne fait pas de mal de le rappeler, alors qu’il paraît que les ouvriers sont devenus « invisibles »  des quartiers qui manifestent leur colère aujourd’hui, l’ont bien compris : ils ne font que se défendre.

Et nous sommes solidaires de leurs luttes.

Références et sources   [ + ]

1. car il s’agit bien souvent d’ouvriers, et que cela ne fait pas de mal de le rappeler, alors qu’il paraît que les ouvriers sont devenus « invisibles »

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