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« Shadow Banking », où en sont les bulles du capital ?

Temps de lecture estimé : 5 minutes

La crise des SubPrimes commencée à l’été 2007 à bientôt 10 ans. Une crise systémique, plusieurs tempêtes financières et 8 ans de stagnation économique plus tard, où en est le capitalisme financier mondial ?

On s’en souvient, la crise de 2007-2008 avait été déclenchée par l’explosion de la bulle des Subprimes. Des prêts hypothécaires immobiliers américains à risque, découpés et revendu à la chaine. L’augmentation des taux de crédits provoque l’impossibilité pour des millions d’Américains de rembourser leurs dettes. Ces défauts de paiement entrainent automatiquement la saisie et la mise en vente de biens, mettant des centaines de milliers de prolos à la rue.

Incapables de se rembourser, des banques et des compagnies d’assurances gigantesques font faillite. Pour empêcher une explosion totale du système, certaines comme AIG sont nationalisées par l’État américain. La crise se reporte alors sur la dette des Etats qui explosent et pousse ces derniers à faire payer leur prolétariat en multipliant les mesures d’austérité.

Bien sûr, l’explosion de cette bulle qu’étaient les Subprimes n’était que la partie émergée de la crise du capitalisme. Le développement de la financiarisation par les bulles spéculatives n’étant qu’un moyen de repousser temporairement la baisse du taux de profit. Mais ça, on l’a déjà expliqué ça en détail dans la notion : « Pourquoi la finance est nécessaire au capitalisme ? ».

D’où viendra la prochaine explosion ?

À partir de 2008, tout le monde a commencé à se demander quelle allait être la prochaine bulle à éclater. Celle qui en explosant exposerait un peu plus la crise du capital actuel.

Pendant un long moment, on a cru que les CDS allaient faire vaciller l’économie mondiale. Ces Credit défaut swap sont des sortes d’assurance de crédit impayé qui se déclenchait à partir du moment où le l’emprunteur n’était plus en capacité de rembourser. Avec la perspective de défaut de paiement de certains États comme la Grèce, le Portugal ou Chypre, le déclenchement de ces CDS faisait frémir l’ensemble des capitalistes de la planète. Surtout qu’en 2010, la quantité de CDS au niveau mondial était estimée à presque 30 000 milliards soit presque deux fois le PIB des États-Unis. Quelque 2 800 milliards  concernaient des dettes d’État.

Bref, au fur et à mesure de la crise, ces CDS sont devenus tellement dangereux que les capitalistes s’en sont détournés. Les renflouements des banques par les Etats ont également souvent été faits en contrepartie de l’assainissement de ce genre de produit financier. Résultat aujourd’hui la bulle des CDS a largement dégonflé. Les investisseurs se sont tournés vers des produits moins médiatisés.

D’autres bulles menacent toujours d’exploser depuis plusieurs années. À l’instar de la dette étudiante américaine ou surtout de la gigantesque bulle immobilière chinoise.

La finance se tourne vers Batman.

Mais depuis la crise de 2007-2008, les bilans financiers des banques sont régulièrement scrutés par les États qui les ont renfloués pour vérifier la stabilité des investissements. Du coup, certains produits financiers louches (CDS, CDO, ABCP, etc.) ont été progressivement délaissés. Le problème c’est que cela ne change rien.

Depuis 2014, le capitalisme se tourne massivement vers ce que l’on appelle le « Shadow Banking » : La finance de l’ombre. Ce n’est pas la suite de The Dark Knight Rise, ni le dernier film d’horreur de David Cronenberg. C’est plutôt un moyen de créer massivement du crédit sans passer par la case banque ni le faire apparaître dans le bilan comptable. Concrètement cela regroupe aussi bien des plateformes de financement participatif que des boites de sous-traitances créées par les banques pour continuer de créer des prêts à risque. Ce qui est sûr c’est que cela représente aujourd’hui plus de 80 000 milliards de dollars (1,5 fois le PIB mondial) et presque 38% des prêts aux USA sont attribués par ce Shadow Banking[1]La peur de la finance de l’ombre, Dossier le Monde du 10 janvier 2017. Cela dépasse même les banques classiques qui ne représentent plus que 32% des crédits accordés au pays de l’Oncle Sam.

Ce Shadow Banking est donc devenu indispensable au fonctionnement de l’économie états-unienne. Il est devenu le seul moyen de prêter à la chaine à des personnes ou des entreprises sans être trop regardant sur les garanties de remboursement. En clair, la bulle des Subprimes qui a explosé en 2007 est complètement regonflée.

Mais le capitalisme est mondial et le même phénomène se passe en Chine depuis de nombreuses années. La plupart des prêts ne passent pas par les banques ou alors sont considérés comme des investissements et non des crédits. De plus, pour contourner le crédit très règlement, le prêt entre personnes et entre entreprises est très développé[2]Mylène Gaulard,  Karl Marx à Pékin,. On se retrouve alors avec des chaines de crédits entre particuliers. Impossible de savoir réellement les sommes échangés, mais quelques impossibilités de payer les créances pourraient facilement entraîner des défauts de paiements en cascades.

Qu’en retirer ?

Alors ça ne veut pas dire forcément que ces bulles spéculatives vont exploser dans les mois qui viennent. C’est possible, mais personne n’en sait rien et il est très difficile d’anticiper les facteurs conduisant à ce genre de rupture. Ce qui est sûr par contre c’est que la situation économique n’est pas très différence de la veille du krach de 2007. Elle est même pire, car les sommes en jeux sont devenues beaucoup plus importantes.

Mais ça nous prouve aussi que l’ensemble des discours de moralisation et régulation de la finance sont totalement hypocrite. Les politiques mises en place ne peuvent être qu’inefficaces, car cette finance est indispensable à l’économie capitaliste. Aujourd’hui c’est ce Shadow Banking qui permet de faire fonctionner les PME aux USA comme en Chine.

En tout cas et 10 ans plus tard, on est loin d’être « sortis » de la crise comme peut parfois le présenter certains médias. En témoigne d’ailleurs la Deutsch Bank ou la Monte Paschi di Sienna, plus vieille banque du monde, qui est actuellement à deux doigts de la faillite.

Pour plus d’info pour comprendre le fonctionnement du capitalisme actuel, on vous encourage vivement à écouter le podcast de l’émission Sortir du capitalisme avec en invité Léon de Mattis.

Références et sources   [ + ]

1. La peur de la finance de l’ombre, Dossier le Monde du 10 janvier 2017
2. Mylène Gaulard,  Karl Marx à Pékin,

A propos de Ben Malacki

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