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Top 5 des mesures anti prolos des programmes présidentiels

Temps de lecture estimé : 9 minutes

Au-delà des affaires, le 7 mai prochain accouchera d’un politicien qui va prendre les décisions dont le capital a besoin. Quel que soit son bord politique, il composera avec les nécessités actuelles du capitalisme. 

« Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » comme disaient Charles Pasqua et Jacques Chirac. La grande majorité du contenu des programmes présidentiels ne sera jamais appliqué par le vainqueur. Il n’empêche que les mesures populistes et anti-prolos fleurissent dans les programmes présidentiels de tous bords. Et si elles permettent de faire baisser nos salaires et nos revenus (le fameux « coût du travail »), il y a tout de même plus de chance qu’elles soient mises en places. On a donc décidé de faire un petit florilège subjectif des pires promesses de campagne au cas où elles seraient mises en œuvre. Certaines tentent même de se cacher derrière des promesses populistes ou pseudo sociales pour permettre plus de coupes budgétaires.

5) Les attaques sur le salaire indirect

(Dupont-Aignan, Cheminade, Macron, Fillon, LePen, Hamon)

C’est un grand classique de la droite et du centre : réduire les « cotisations sociales ». Sauf que si ce sont des charges pour les patrons, c’est en réalité du salaire indirect pour les prolos. Que ce soit les « charges » considérées comme patronales ou salariales, c’est la même chose : c’est une partie du salaire que le patron paye collectivement. Cette partie indirecte du salaire sert à alimenter différentes caisses (sécurité sociale, retraites, assurance chômage, caf, etc.). Attaquer les charges c’est donc s’attaquer aux salaires sans que les prolos ne voient directement leur fiche de paye diminuer. Du coup, tout le monde s’y est mis.

perceval NORDSUD programmes présidentielsHamon veut baisser des charges pour les entreprises favorisant les temps partiels. Le Pen, Macron et Cheminade défendent la suppression des charges sur les heures supplémentaires et l’allégement pour les PME. Dupont-Aignan désire baisser les « charges » de 30% et exonérer un bon paquet de boulot (les jobs étudiants, ceux qui recrutent en CDI, les heures supplémentaires, etc.). Fillon souhaite couper dans tous les sens pour permettre 15 milliards de baisses de salaire indirect. Macron est celui qui va le plus loin. Il veut progressivement supprimer le salaire indirect. Il promet la fin des cotisations maladie et chômage du salarié (rappelons qu’en réalité ces cotisations sont payées par le patron pas par le salarié).

4) Plus de flics, de prisons et de militaires pour préparer la guerre

(Fillon, Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan, Hamon, Macron, Cheminade, Asselineau)

S’il y a bien un sujet sur lequel la quasi-totalité des candidats sont d’accord c’est sur le maintien de l’ordre. Apparemment, il n’y aurait jamais assez de flics de juges et de gardiens de prison. C’est vrai que le mouvement contre la loi travail l’a prouvé. Ils n’étaient pas assez nombreux à agir de concert pour tenter d’écraser les mouvements sociaux.

Même Fillon roi des coupes budgétaires veut créer 16 000 places de prisons en plus. Tout comme Macron d’ailleurs. Dupont-Aignan et Le Pen en veulent même 40 000 de plus. De son côté Mélenchon veut embaucher 2 000 surveillants pénitentiaires supplémentaires. Concernant les policiers, c’est au plus offrant : 5 000 de plus pour Hamon, 10 000 pour Mélenchon et Macron, 15 000 pour Le Pen, 30 000 pour Dupont-Aignan.

Au niveau des juges Le Pen, Mélenchon et Cheminade militent pour une grande campagne de recrutement (18 000 magistrats et 5 000 douaniers en plus pour le candidat de la France Insoumise). Les autres se concentrent sur la répression : Macron, Fillon, Le Pen et Dupont-Aignan veulent un durcissement des peines avec des peines plancher pour qu’on ait un système à l’Américaine (avec 1% du prolétariat en taule).

Tous sont également pour le développement massif de l’armée. 50 000 soldats de plus pour Dupont-Aignan, 100 millions d’Euros supplémentaires pour Fillon. Ce dernier propose même de transformer les peines de prison en engagement pour l’armée. Hamon, Macron, Mélenchon, Cheminade, Asselineau et Le Pen veulent tous augmenter le budget de la défense. Comme nous l’avions expliqué dans un ancien article, il est impossible de dissocier le maintien de l’ordre de la répression militaire. De plus, lorsque l’on souhaite dépenser autant dans une armée, c’est qu’on veut s’en servir. Même s’ils préfèrent parler de « défense », tous préparent clairement la guerre impérialiste.

3) Travailler plus pour moins cher

(Le Pen, Hamon, Macron, Fillon, Dupont-Aignan, Cheminade, Asselineau, un peu Mélenchon)

Attaquer le salaire indirect est loin de suffire. La plupart des candidats vont plus loin dans leurs programmes présidentiels et veulent directement maximiser la plus-value absolue. Augmentation du temps de travail, baisse de certains salaires ou travail gratuit : tout est bon pour le capital.

Macron et Le Pen sont pour un retour aux 39h en passant par la négociation via les accords de branches ou d’entreprises. En gros appliquer totalement les modalités de la Loi El-Khomri.  Asselineau ne dit rien sur le temps de travail, mais propose « d’intensifier la production nationale », il est donc assez clair qu’il va falloir bosser plus. Sur le temps de travail, Fillon est pour une libéralisation totale. Pour lui, les 39h ne suffisent pas, les accords d’entreprises doivent aller plus loin, jusqu’à 48 heures par semaine si possible. Et si l’on ajoutait à ça la suppression d’un jour férié ? Le 1er mai par exemple, bah oui c’est aussi dans son programme présidentiel. Pour finir ? Une suppression du SMIC en « ne l’indexant plus sur l’inflation, mais sur la pression concurrentielle internationale », histoire que nos salaires soient corrélés avec ceux du Bangladesh. Comme ça on a la totale.

Sur le modèle du Workfare, d’autres veulent nous faire travailler gratos ou pour pas grand-chose. Par exemple Dupont-Aignan veut conditionner le RSA à une journée de travail gratuite par semaine. Il va même encore plus loin avec la création de son service national pour l’emploi. Une sorte de service militaire d’un 1 an de travail gratuit obligatoire pour tous les jeunes de 18 à 25 ans sans diplôme.

Mélenchon, Cheminade, Fillon et Dupont-Aignan veulent aussi développer à fond les contrats d’apprentissage et d’alternance avec leur salaire à 370€/mois la première année (25% du SMIC). De son côté, Fillon veut purement et simplement supprimer les contrats aidés. Plus aucun CUI-CAE, ce qui voudrait dire 641 000 personnes de plus au chômage[1].

2) Sortir de l’Euro 

(Le Pen, Asselineau, Cheminade,  Dupont-Aignan et Mélenchon[2]).

La monnaie unique cristallise beaucoup d’antipathies, notamment à cause de l’inflation qui a eu lieu depuis 2002. Même si elle n’est pas réellement à mettre en cause, la création de l’Euro met en valeur cette inflation. On se souvient que lorsqu’on était petit une baguette valait 2,5 francs alors qu’il est difficile aujourd’hui d’en avoir à moins d’un euro. Une partie des politiciens surfent sur cette vague et proposent une sortie plus ou moins rapide de l’Euro.  Mais plus que le fait de juste changer le nom de la monnaie, ils sont partisans de la « dévaluation compétitive », qui est beaucoup plus problématique pour le prolétariat. Leur but est, après avoir changé la monnaie, d’avoir massivement recours à la planche à billets pour que cette nouvelle monnaie vaille moins que l’euro actuel. Du coup, l’inflation explose et rien ne nous indique que les salaires vont suivre. En effet, les dévaluations sont un bon moyen de baisser facilement les salaires sans les attaquer directement. Si la monnaie vaut moins, le salaire aussi. La plupart des programmes présidentiels affirment vouloir que la nouvelle monnaie soit aussi forte que l’Euro tout en voulant avoir recours à la planche à billets. C’est hypocrite et antinomique, produire de l’argent fait nécessairement exploser l’inflation et baisser la valeur de la monnaie.

perceval echelle programmes présidentielsEnfin, les prix de l’ensemble des produits importés vont exploser. C’est-à-dire à peu près tout ce que l’on consomme : Du T-shirt au café en passant par la plupart des légumes, fruits ou encore l’ensemble de l’électroménager tout est importé. Certains argumentent que ça forcera à consommer Français sauf que pour la plupart du prolétariat le salaire ne le permet pas. La dévaluation compétitive ne fera pas baisser le prix des fraises gariguette de Carpentras à 6€ les 250 grammes. Par contre, elles feront exploser celles d’Espagne qui sont les seules accessibles pour beaucoup d’entre nous. Plus de Fraises pour les prolos.

1) Le revenu universel

Hamon en a fait un de ses principaux thèmes de campagne pour se démarquer des autres. Pourtant l’idée est loin d’être nouvelle et a été portée par de nombreux politiciens de tous bords. La droite catholique (Christine Boutin et Dominique de Villepin) y était favorable. La droite libérale aussi (Natalie Kosciusko-Morizet et Frédéric Lefebvre). Asselineau veut le soumettre à référendum. Macron, Dupont-Aignan et Marine Le Pen y songeaient[3] (en le réservant aux « souchiens » bien sûr) alors que Valls le défendait en 2016[4]. Cheminade le pense indispensable quand nos jobs auront été remplacés par des robots. Du côté de la gauche radicale du capital, c’est Frédéric Lordon ou encore Antoni Negri qui sont ses porte-étendards. Une partie du NPA y était également favorable[5]. À quelques détails près, notamment autour du montant et de son universalité, ils en sont tous partisans.

Alors pourquoi autant de personnalités supposées différentes se retrouvent-elles à défendre le revenu universel. C’est vrai que de prime abord, on pourrait se dire que recevoir les thunes auxquelles on a droit sans avoir à batailler quotidiennement contre le Pôle Emploi et la CAF, ça serait mieux. Sauf qu’en fait le revenu universel cache de véritables offensives contre le prolétariat. Leur idée c’est de donner ce revenu à la place de toutes les autres prestations sociales (Allocation logements, Allocation handicapée, Allocations familiales,  CMU, Sécurité sociale, etc.), c’est la raison pour laquelle cette mesure est largement défendue par la droite libérale. À l’origine c’est même Milton Friedman, pape théoricien du néolibéralisme qui avait fait circuler l’idée. En effet, le revenu universel ça pourrait permettre :

  • De supprimer la sécu et donc de pousser chacun à prendre des mutuelles privées. Du coup ça fait de la croissance.
  • De virer pas mal de fonctionnaires rendus inutiles.
  • De geler les aides sociales. La CMU ou les allocations logements sont des remboursements qui se font en fonction des prix (loyers, médicament). Du coup les remboursements suivent nécessairement l’inflation. Alors qu’un revenu universel, c’est quelque chose que l’on peut « geler » comme les salaires. On peut donc beaucoup plus facilement le faire baisser que les autres prestations sociales. Il suffit de compter sur l’inflation.
  • De faire baisser les salaires : Les prolos peuvent être plus enclins à accepter des jobs payés 3€ de l’heure s’ils sont complétés par un revenu universel. Le revenu universel est un des pieds dans la porte qui devrait permettre, à terme, la remise en cause du SMIC.

Alors bien sûr, les partisans de gauche du revenu universel protestent : « Vous êtes des menteurs cyniques ! Ce n’est pas l’idée originelle, la philosophie du projet c’est de dégager du temps pour faire autre chose que le travail ! » Sauf que la philosophie n’a que peu de place face à la réalité économique du Capital. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder quelques années en arrière avec la mise en place des 35 heures. Cette réduction du temps de travail était à l’époque revendiquée par la plupart des organisations politiques d’extrême gauche (LCR, LO, AL, etc.). Mais sa mise en place a été faite en contrepartie d’une plus grande flexibilisation du travail. En gros, en échange des 35h a été permise la généralisation des CDD et la suppression de pas mal d’accords avantageux pour le prolétariat. C’est à dire accélérer la restructuration en échange de RTT. En plus, 15 ans après sa mise en place, le temps effectif moyen travaillé aujourd’hui par un salarié est de 39,6 h par semaine[6]

[1] http://www.liberation.fr/futurs/2015/06/02/chomage-hollande-cedea-l-emploiaide_1321751

[2] https://www.mediapart.fr/journal/economie/260116/melenchon-durcit-le-ton-sur-l-euro-pour-2017?onglet=full

[3] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/04/19/25002-20160419ARTFIG00277-marine-le-pen-dit-aussi-reflechir-au-revenu-universel.php

[4] http://www.rtl.fr/actu/politique/manuel-valls-defenseur-du-revenu-universel-en-2016-valls-attaque-desormais-hamon-7786904460

[5] https://npa2009.org/idees/economie/revenu-universel-de-base-ou-salaire-vie-deux-logiques-antagoniques

[6] http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/29/vrais-chiffres-temps-de-travail-france-reponse-jeb-bush_n_8415120.html

A propos de Ben Malacki

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