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Fin de la trêve hivernale : résistons aux expulsions locatives !

Temps de lecture estimé : 4 minutes

Le 31 mars, la trêve hivernale, période durant laquelle les locataires qui ne peuvent plus payer leur loyer peuvent dormir sans craindre d’être expulsés par l’huissier et la police, a pris fin. C’est une nouvelle période qui s’ouvre faite d’attaques individualisées contre les prolétaires les plus en galère qui ne peuvent plus payer. S’organiser pour y faire face est un début, sans perdre de vue que nous n’en aurons fini que quand nous aurons détruit la propriété privée.

« Dans une telle société, la crise du logement n’est pas un hasard, c’est une institution nécessaire ; elle ne peut être éliminée ainsi que ses répercussions sur la santé, etc., que si l’ordre social tout entier dont elle découle est transformé de fond en comble » Engels, La question du logement, 1872.

Expulsions locatives, c’est la bourgeoisie qui porte les coups.

Le logement, de sa fabrication à sa mise en circulation, vente ou location, emprunte le circuit de toutes les marchandises indispensables. Comme pour les produits de première nécessité autour desquels se manifeste une tension permanente, les luttes pour le logement sont indissociables de la lutte des classes1. Hausse des prix, pénuries et spéculation, les propriétaires, entre autres accapareurs,  possèdent un peu plus qu’un bien immobilier. Ce qu’ils possèdent, c’est un pan essentiel de la vie quotidienne des gens qui y habitent.

Les raisons qui nous mettent dans l’impossibilité de payer notre loyer sont multiples. La période de crise a vu, depuis 2008, se multiplier les attaques visant la baisse des salaires tandis que, dans le même temps, les loyers ont continué à augmenter. Cela explique en grande partie la situation qui voit de plus en plus de locataires ne plus être en mesure de payer. Sans compter que, dans la lignée de toutes les attaques sur le salaire indirect, des allocations chômage aux retraites, les diverses allocations de survie, dont les aides au logement (ALS), n’ont cessé d’être rognées.

En plus de la reprise des expulsions, les coupures de gaz et d’électricité reprennent aussi pour celles et ceux qui ne peuvent régler leurs factures. Preuve que dans la période actuelle, les capitalistes envoient comme message qu’ils n’ont plus besoin de toute une partie des exploités qui aujourd’hui peut bien crever. Les expulsions et les coupures d’électricité sont à mettre sur le même plan que la difficulté accrue de se soigner ou encore de se nourrir dignement. Bref, à peu près tout ce qui pouvait bien servir à l’entretient et à la reproduction de la force de travail de cette frange la plus pauvre du prolétariat.

« Pas d’huissiers dans nos quartiers ! »

Les chiffres données par les diverses associations humanistes actives sur la question du logement, sont en nette hausse et confirment la tendance actuelle d’attaques incessantes des capitalistes sur les conditions de vie des exploités. En 2016, près de 15 000 expulsions ont été menées, appuyées par la police. Ce qui dans la langue préfectorale est appelé « concours de la force publique ». Et encore, dans ces statistiques ne sont pas prises en compte les nombreuses autres expulsions où les locataires désarmés ont libéré leur logement sans faire de vague.

Les mêmes associations s’alarment de la poursuite de cette tendance. Le rapport de force semble pour le moment en faveur des bailleurs, appuyés à la fois par la justice de classe dont la protection de la propriété privée est un des piliers, et régulièrement par la police. Et par dessus le marché, les locataires qui se font expulser affrontent leur situation de manière isolée, rendant toute résistance inefficace. Face à ce constat, il nous faut refuser la fatalité. De la résistance collective aux expulsions à la réappropriation de logements vacants, nos possibilités de lutte sont variées. Nos piliers à nous, ce sont la solidarité et l’autodéfense de classe.

S’organiser à la base, ça commence sur son palier, avec ses voisins, ses amis, sa famille. Ça ne se délègue pas. Les exemples ne manquent pas. En Italie, à Turin, depuis plusieurs années maintenant, des habitants montent des piquets pour s’opposer physiquement aux expulsions locatives programmées. Dans la Barcelone en crise des années 30, des mouvements de chômeurs s’auto-organisaient face aux bailleurs pour qu’aucun d’entre eux et leur famille ne soient mis à la rue. Des grèves de loyers massivement suivies étaient organisées. Il y a encore quelques années, on pouvait lire ici et là des inscriptions annonçant : « Pas d’huissiers dans nos quartiers ! » Alors mettons ce slogan en pratique !

Banderole en italien. Une expulsion locative est appelée « sfratto », et l’expulsion d’un squat « sgombero ». En Italie, les récentes luttes pour le logement ont oeuvré à unifier les divers formes de résistance collective, du piquet au squat.

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Notes:

1« Le prélèvement des loyers est un racket organisé par un panel diversifié de propriétaires. Panel qui va du petit rentier aux sociétés immobilières en passant par les bailleurs sociaux (comme par exemple les sociétés HLM) ou encore toutes sortes de marchands de sommeil. On peut toujours penser que dans tout ça il existe des propriétaires pires que d’autres, mais ça ne rend pas la propriété privée et le rapport économique propriétaire/locataire plus acceptables. » Bad Kids n°3

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