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On a pas d’«immunité ouvrière», alors sachons nous défendre.

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Le débat présidentiel d’hier à été marqué par un échange vif entre Marine Lepen et P. Poutou. Celui-ci voulant démontrer l’imposture du discours anti-système de la candidate d’extrême droite, s’en est pris à son refus de se présenter à une convocation de la police. Cette attitude vis à vis de la police est complètement irresponsable pour un militant qui prétend s’adresser aux ouvriers en lutte.

Quand nous on est convoqué par la police, nous ouvriers, on a pas d’immunité ouvrière, nous on y va. P. Poutou face à M. Lepen.

Cette petite passe d’arme à énormément circulé sur internet. Pas étonnant, car renvoyer la dirigeante du FN à sa position sociale de bourgeoise qui plus est couverte par l’immunité parlementaire était non seulement bien joué, mais assez jouissif. Le problème c’est que ce que véhicule l’autre partie de cette réplique, sur le rapport à la police et à la justice.

Nous, ouvriers et plus généralement prolétaires, n’avons pas d’immunité. Et nous sommes souvent en butte à la répression, on l’a encore vu durant le mouvement contre la loi travail. Aussi, il est de notre intérêt de réfléchir ensemble aux différentes stratégies de défense possible. Affirmer de but en blanc qu’il faut se rendre à toute convocation de la police est une attitude certes efficace pour marquer les esprits sur un plateau télé, mais irresponsable pour qui prétend être du côté des salariés en lutte.

Face à la police, face à la justice, soyons stratégiques.

Pourquoi est-ce irresponsable d’affirmer se rendre à toute convocation ? Parce cela véhicule l’idée que nous sommes absolument démunis face à la police, que nous n’avons pas d’autre solution que d’obtempérer. Bien sûr, nous sommes loin d’être protégé par une quelconque immunité. Mais nous disposons cependant de quelques dispositions légales qui nous laissent une petite marge de manœuvre.

Pourquoi est-ce important de le rappeler? Parce que choisir ou pas de se rendre à une convocation, c’est déjà se situer dans un rapport de force avec la police. Rappelons que celle-ci n’est pas neutre. Elle est du côté de l’ordre social capitaliste. Qu’elle vise à le défendre. Rappelons aussi que le fait que la police nous garde à vue, ou que la justice nous condamne n’est pas une histoire d’innocence ou de culpabilité, mais souvent des mesures répressives.

Alors, comme nous réfléchissons aux moyens de construire un rapport de force avec le patron dans la grève, faisons de même face à la répression. Sachons ne pas rester isolées, sachons discuter entre camarades des stratégies possibles. Sachons nous renseigner sur nos droits. La lutte ne s’arrête pas au porte du commissariat ou du tribunal.

Non, ce n’est pas toujours obligatoire de se rendre à une convocation.

Vous recevez une convocation. Vous ne savez pas forcément pourquoi. Plusieurs cas de figures sont possibles. A vous et à vos camarades de réfléchir, d’opter pour la solution qui vous paraîtra la plus judicieuse.

Dans la plupart des cas, vous êtes convoqué par la police, en audition libre, avec comme motif «  affaire vous concernant ». Ou pour être témoin. Sachez que dans ce cas, vous n’êtes pas obligés de vous rendre à la convocation.

En effet, se rendre à une convocation de police n’est obligatoire que dans les deux cas suivants :

  1. Dans le cadre d’une enquête sur un flagrant délit, pour entendre une personne susceptible de fournir des renseignements sur le flagrant délit ou des objets saisis.
  2. Dans le cadre d’une commission rogatoire ordonnant à la police de se livrer à des recherches ou d’entendre X.

Une telle convocation ne peut être décidée que par un Officier de Police Judiciaire (OPJ)

Elle doit en outre indiquer les faits, dans le cas du flagrant délit, ou la mission exacte qui a été confiée par la commission rogatoire. Elle prend alors le nom de ” Citation à témoin «, et est en général remise en mains propres.

Les autres convocations n’indiquent que la mention d’une ” affaire vous concernant “. Il peut s’agir d’à peu près tout et n’importe quoi. Peut-être est-ce pour prendre des renseignements sur vous, vous mettre un coup de pression, vous faire parler sur une affaire concernant un ou une de vos camarades…

Et dans tout les cas, il est judicieux de commencer par en discuter avec vos camarades. Car si ces simples convocations, ne sont pas obligatoire, elles peuvent très bien, une fois dans le commissariat, se terminer en garde à vue.

Bien sur, on peut aussi se dire que ne pas se rendre à une convocation fait peser sur vous certains soupçons. Nous ne conseillons d’ailleurs pas ici de ne jamais se rendre à une convocation.

Tout simplement, ne vous précipitez pas.

Commencez par prendre le temps d’y réfléchir, d’en informer vous camarades, d’agir en conséquence, sans précipitation. N’oubliez pas qu’il s’agit souvent pour la police de bénéficier d’un effet de surprise, de profiter de votre impréparation.

Et cela ne concerne pas que votre petite personne. Ce que vous direz à la police peut lui servir à s’attaquer à vos camarades.

Dans tout les cas, il n’y a pas de sanctions prévues si vous ne vous rendez pas à une convocation, même dans les cas de figure ou celle ci est réellement obligatoire sur le papier. Et même si vous n’êtes pas chez vous lorsque la police vient vous chercher. Ce que cela signifie, c’est que vous pouvez aussi réfléchir au meilleur moment pour vous présenter à une convocation. Par exemple après avoir pris contact avec un avocat.

En somme, sachons garder envers les forces répressives un rapport de saine défiance.

Oui nous n’avons pas d’immunité ouvrière. Nous avons aussi toute les raisons de nous méfier de la répression. Rappelons encore qu’il s’agit d’une justice de classe, au service des intérêts de la bourgeoisie.  Alors ne diffusons pas tout et n’importe quoi, sachons garder la tête froide. Apprenons à nous défendre.

 

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