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Top 5 des lois anti-prolos auxquelles Emmanuel Macron a participé.

Temps de lecture estimé : 7 minutes

Dans moins de quinze jours, sauf énorme retournement de situation, il sera le prochain président de la République. Si l’homme est jeune et ressemble physiquement à Boris Vian, le rapprochement s’arrête là. En effet, malgré ses peu d’années d’activité au service du pouvoir, Macron a participé à la mise en place d’un nombre impressionnant de mesures contre les prolos. La plupart d’entre nous s’en souviennent douloureusement. Mais il peut être intéressant de revenir sur ses faits d’armes pour savoir ce qui nous attend.

Petit historique.

Son parcours politique est aussi court que révélateur. Sa première expérience se fait dans la commission pour la libération de la croissance française aussi appelée Commission Attali et lancée par Sarkozy en 2007. Macron en devient un des principaux rapporteurs[1]https://blogs.mediapart.fr/gerardfiloche/blog/181014/les-316-decisions-de-la-commission-attali-et-macron-2008 https://www.lesechos.fr/week-end/business-story/enquetes/0211727035374-aux-origines-du-phenomene-macron-2060624.php. La commission rédige un rapport qui propose des mesures à mettre en place dans les 10 années à venir et qui attaquent frontalement les salaires et le temps de travail. Nombre de ces préconisations ont été suivies par les gouvernements des deux bords.

Il devient ensuite en 2012 secrétaire adjoint à la présidence de la République, c’est-à-dire conseiller direct d’Hollande. Dans l’ombre, on lui attribue alors le Pacte de responsabilité et de solidarité promulgué en 2014 ainsi que le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Passé ministre de l’Économie en 2014,  il y fait promulguer la loi qui porte son nom puis influence grandement la rédaction de la « loi travail », qu’il juge tout de même largement insuffisante.

Au-delà de l’individualité qu’est Emmanuel Macron, il porte un projet : celui de la suite de la restructuration du capitalisme en crise. Il ne fera qu’appliquer ce qui est le plus favorable pour lui et pour le système économique qu’il défend. L’arrivée d’un autre que lui à la tête de l’État n’aurait pas changé grand-chose. Le capitalisme en crise a besoin de certaines réformes et la personnalité au pouvoir se charge de les mettre en place, quelle que soit son origine politique. Il n’empêche que cerner son parcours et ses réformes précédentes permet d’anticiper les prochaines attaques. Macron a l’avantage de ne pas entretenir trop ambiguïté vis-à-vis de ses ambitions ce qui clarifie la donne pour la suite.

5) La généralisation du travail de nuit et le dimanche.

C’est la mesure phare de la loi qui porte son nom et déjà présente au sein du rapport Attali. Le but est de faciliter le travail dominical et de nuit, mais surtout de baisser les augmentations de salaire horaire dû au travail durant ces périodes. La loi Macron introduit aussi le statut intermédiaire de « travail en soirée ». La loi travail de son côté enlève le suivit médical obligatoire des travailleurs nocturnes.

4) La TVA « sociale ».

Mesure défendue par le rapport de la commission Attali en 2007, dont Macron était un des principaux rapporteurs. Elle visait à créer une augmentation de la TVA avec une partie dite « sociale » pour compenser les baisses de cotisations sociales pour les entreprises. Le but : faire porter le coût de la sécu, du chômage et des retraites par la consommation de tous et non plus seulement par les patrons. Face à la peur de réactions trop négatives de son électorat, l’UMP a fini par y renoncer, mais elle est tout de même en application dans les départements d’outre-mer.

3) L’Űberisation généralisée.

C’est un des principaux leitmotiv défendus par le personnage. Des mesures favorisant l’Űberisation avaient déjà été prônées par le rapport de la commission Attali. Face à la grogne des taxis, aucun gouvernement n’avait souhaité les mettre en place. La transformation du marché mondial du travail les a imposées de fait. L’auto-entreprenariat généralisé qui permet de baisser les salaires directs, de supprimer les salaires indirects et d’atomiser un peu plus le prolétariat se développe de plus en plus vite. Macron n’en est pas l’instigateur, la marche et l’évolution du capitalisme se fait qu’il soit là ou non, mais il en reste l’un des promoteurs les plus fervents. De plus, la loi qui porte son nom a accéléré et facilité le processus. Début 2016, il avait même préparé la loi Macron 2 sur le sujet qui a finalement été rejetée par le gouvernement.

2) 40 milliards d’abaissement de cotisations sociales et donc de salaires indirects.

C’était début 2014, la mesure phare du pacte de responsabilité et de solidarité annoncé par Hollande. Alors secrétaire général au cabinet du président, Macron est considéré comme le « père » de cette réforme dont le but est de baisser le « coût du travail ». L’idée est de supprimer un maximum de cotisations salariales pour favoriser les embauches. Les baisses ont eu lieu, pas les créations d’emploi. Macron a lui-même reconnu l’échec de cette réforme[2]https://www.lesechos.fr/02/12/2014/lesechos.fr/0203981831043_pacte-de-responsabilite—le-faible-nombre-d-accords-de-branches-est-un-echec-du-medef–juge-macron.htm. Cela ne l’empêche pas de vouloir continuer dans cette voie. Puisque dans son programme présidentiel, il annonce vouloir la suppression de nombreuses cotisations sociales. Sur ce sujet, Le Pen propose la même chose en supprimant les « charges » sur les heures supplémentaires et les PME. Le problème c’est que les « charges » des patrons, c’est du salaire indirect pour nous. Et les abaisser ou les supprimer vont donc nécessairement de pair avec des réformes visant à baisser assurance maladie, chômage,  retraites et RSA. Ça tombe bien, c’est prévu dans le programme de Macron (et dans celui de Le Pen également).

1) L’augmentation du temps de travail.

Depuis 2010, c’est une véritable obsession pour Macron. L’idée de la commission Attali, dont il est membre à ce moment-là, est de permettre l’augmentation du temps de travail en négociant branche par branche. En 2012, lorsqu’il est conseiller de Hollande, il pousse avec insistance pour « un passage temporaire au 37h/semaine »[3]Nicolas Prissette, Emmanuel Macron en marche vers l’Élysée, Plon, 2016, 240 p. Il faudra attendre 2016 et la loi El Khomri, pour que le rêve de Macron commence à être mis en place. Mais c’est loin de lui suffire. L’ancien inspecteur des finances affirme que son but est de mettre en place « une version beaucoup plus radicale de la loi travail […] une loi travail à la puissance 10»[4]http://www.20minutes.fr/politique/1940719-20161012-loi-travail-macron-veut-version-beaucoup-plus-radicale. Là encore sur ce sujet, Macron et Le Pen sont parfaitement en accord et annoncent tous les deux dans leurs programmes vouloir permettre l’allongement du temps de travail par négociation d’accord de branche.

Hors classement, car pas encore appliqué : Rendre impossible de toucher ses allocations chômages.

Le modèle défendu par Macron vis-à-vis du chômage est celui des réformes Hartz promulguées en Allemagne entre 2003 et 2005. Elles ont servi d’exemple pour bon nombre de mesures défendues par les rapports Attali/Macron de 2007 et 2010. Outre-Rhin, ces lois ont été mises en place par un gouvernement socialiste et ont constitué une attaque sans précédent contre les prolos. Elles ont mis en place de mini-jobs payés 1€ de l’heure et exonérés de cotisations sociales. Mais aussi l’obligation pour les chômeurs d’accepter un travail à moins de 2h30 de chez lui, même s’il est payé moins ou que ce job n’a rien à voir avec ses qualifications. Enfin elles ont également permis la réduction des indemnités chômage et la nécessité de travailler gratuitement 3 h/ jour pour le toucher. Le but de tout cela étant bien évidement de forcer ces chômeurs à accepter ces mini-jobs payés une misère, mais permettant de faire baisser à la fois les salaires et les chiffres du chômage. Faisant preuve d’une continuité politique remarquable, Macron a intégré à son programme la quasi-totalité de leur contenu (à l’exception pour le moment des jobs à 1€ et du Workfare, ce qui ne saurait tarder).

Bonus : La loi LRU (pour ceux qui étaient à la fac à ce moment-là).

La Loi Relative aux Libertés et Responsabilité des Université (LRU) promulguée en 2007 est une application directe du rapport Attali/Macron qui appelait à « développer les financements privés » des universités. Pour schématiser, son but était de commencer à privatiser les facs, d’introduire divers paliers de sélection et de supprimer les filières pas assez rentables en termes de production de prolétaires aptes au travail. Ce n’était pas forcement une attaque sociale de grande ampleur, mais cette réforme a tout de même donné une lutte sociale acharnée de 2 ans au sein des universités dont certains doivent se souvenir.

L’arrivée très probable d’Emmanuel Macron à la tête de l’État promet de nombreuses attaques directes contre les salaires. Il continuera à mettre en place ce qu’il a toujours fait. Mais en contrepartie de nombreuses luttes sociales en résistance risquent d’émerger. Nous ne savons pas encore sur quels points précis les foyers d’explosions sociales s’embraseront, ni dans quelles proportions. Mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer qu’il y aura brasiers et que nous serons là pour tenter de les éteindre avec de l’essence…

Références et sources   [ + ]

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