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Pour en finir avec la sélection, il faut en finir avec l’école…

Temps de lecture estimé : 5 minutes

…Et pour en finir avec l’école il faut en finir avec le capitalisme.

Nous continuons notre petite série sur les luttes lycéennes, étudiantes, etc, contre la sélection, l’école et cie. Aujourd’hui, un texte en direction notamment des lycées.

La réforme de la sélection à l’entrée des université c’est l’obligation pour l’élève de choisir dix vœux non hiérarchisés, dont l’acceptation se fera en fonction des besoin économiques du moment. Ce que ça veut dire, c’est que tu ne choisiras rien.

Un besoin de main d’œuvre dans le tourisme, et tu seras envoyée vers un BTS du même nom, sans te consulter, juste parce que les patrons ont besoin de main d’œuvre. C’est l’acceptation sur dossier avec aval du conseil de classe, donc l’introduction du bac en contrôle continu où tes profs décident directement où tu peux aller ou non.

La sélection, c’est le principe même de l’école

C’est enfin ne permettre d’accéder à la fac qu’à ceux qui ont suivi certains « modules spécialisés » ou peuvent se payer une année de remise à niveau. Bref c’est renforcer la sélection sociale pour ne permettre qu’aux élèves les plus favorisés venant des meilleurs lycées d’accéder à la fac. Mais tout ça n’a rien de nouveau. La sélection, c’est le principe même de l’école: un peu comme le poulet à la cantine, y’en aura pas assez pour tout le monde.

Sur tes dix potes, il y en a un, à 17 ans, qui n’est ni au lycée, ni apprenti, ni dans aucun système scolaire. 17 ans, pour trois gamins de ta classe, c’est le moment d’aller travailler, au plus bas de la chaîne. Seulement voilà: l’école n’ose pas dire qu’elle est une machine à broyer l’écolier. Alors, elle préfère l’accuser d’être feignant, de ne pas mériter sa place. C’est bien connu, qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage. Or quitter définitivement le lycée ou le collège, ce n’est presque jamais un choix.

Nous sommes sélectionnés à l’école pour entrer dans le monde du travail, où il faudra toujours qu’une immense majorité d’entre nous doive aller être exploité pour à peine un SMIC. De fait, quand on est comme la très grande majorité des élèves, une fille ou un fils de prolos, quand on quitte l’école, que ce soit à 15 ou à 20 ans, c’est bien pour aller travailler pour un patron.

Une école qui veut d’abord nous soumettre au patronat

Quelle que soit la filière suivie la première leçon de l’école c’est la discipline. Dès la maternelle obéissance et respect de la hiérarchie sont au cœur de l’enseignement. On lève la main avant de parler, on ne coupe pas la parole au prof qui lui par contre ne se gène pas, on se met en rang… Pourquoi cet apprentissage ? l’argument souvent avancé est que la discipline est essentielle pour bien apprendre. Elle est surtout nécessaire pour le fonctionnement d’une société capitaliste. La soumission au patron est la suite logique de la soumission à l’école.

Quand les jeunes s’en prennent à l’école, c’est toute la société qui se scandalise. Elle se sent attaquée dans son ensemble. A chaque fois qu’un lycéen où qu’un collégien se met en lutte, ses profs, ses surveillants ou ses parents lui rétorquent qu’il ne cherche qu’à sécher les cours. En réalité, il n’y pas de meilleurs raison de lutter que celle là.

On pourrait dire à tout ces gens : n’est ce pas un peu de votre faute si justement, la sensation d’être libre de ses choix, la joie, il la trouve ailleurs qu’a l’école ou au travail. Ces discours méprisants n’ont jamais empêché les enchaînés du système scolaire d’être au cœur de toutes les révoltes, de toutes les révolutions.

Sécher l’école, sécher le travail.

Et pour nous autres, pour qui le travail a succédé à l’école, nous luttons pour « sécher » le travail, pas seulement pour quelques heures ou quelques jours, mais de façon définitive.
Quoi qu’en disent les profs et les surveillants pour se donner bonne conscience, l’école n’a pas d’autre raison d’être que de faire des travailleurs dociles. On est forcés d’aller à l’école comme on est forcés de bosser pour vivre, et l’on est même pas payé pour ça. La fac c’est justement pour une partie du prolétariat, l’opportunité de l’être un tout petit peu en touchant les bourses. La seule possibilité de recevoir quelque chose avant 25 ans sinon ; il faudra bosser.

Et ce sera toujours un boulot bien galère qui envahit la vie et qui sera mal payé.
On dirait bien aussi que l’école est une prison, mais une prison, on ne peut pas en être exclu. Il arrive en effet, comme durant le dernier mouvement lycéen à Vitrolles, l’an dernier, que des lycéens soient virés du bahut, jugés trop turbulents, dangereux pour leurs petits camarades. L’école a cela de ridicule, qu’elle contraint par la force pendant trente heures par semaine des gamins en leur faisant bouffer du programme scolaire à bien apprendre par cœur pour mériter une bonne note, mais dès que ces gamins sortent dans la rue pour dire ce qu’ils veulent, elle leur dit qu’ils sont manipulés.

L’école, c’est comme dans la société: sans rapport de force, on est rien.

Alors, à partir de maintenant, on va essayer de renouer le fil des luttes lycéennes, collégiennes, des luttes du passé, de ce qui pourrait s’y passer aujourd’hui. Des combats contre les réformes et la sélection à la lutte contre l’école en général, des tentatives collectives de libérer l’école à celles, plus personnelles, de s’en libérer…
Rendez-vous tous les vendredis matins de 9h à 14h au local camarade, 54 rue espérandieu, en bas du lycée Saint-Charles ( Marseille)
Ça sera toujours mieux que les cours!

Le texte maquetté pour la diffusion, ici.

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