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Des monnaies alternatives mais toujours capitalistes.

Temps de lecture estimé : 4 minutes

 Les monnaies alternatives, locales, complémentaires, etc…  sont à la mode. Rien qu’en France on en compte une trentaine. Petit tour d’horizon d’une autre fausse solution aux problèmes que pose le capitalisme en crise. En se disant bien que si l’on ne fait pas partie de la solution, c’est souvent parce qu’on fait partie du problème.

 Cela dure depuis plusieurs années, mais le phénomène s’est encore renforcé avec la crise de 2008 : Les monnaies alternatives poussent comme des champignons sur des bouses après un orage. Voici une petite typologie critique.

– Les monnaies locales institutionnelles.

Pour n’en citer que quelques-unes, l’Eusko au Pays basque, ou encore le sol violette à Toulouse, mais on pourrait aller chercher des exemples depuis le fin fond de l’Idaho jusqu’au Japon.

En gros, y a pas de quoi épiler un chat.

Ces monnaies institutionnelles sont au fond de simples bons d’achat au niveau local. En gros, tu achètes des bons d’achat (tu peux appeler ça une monnaie, mais bon…) qui ne sont valables que dans des boutiques de la région. En gros, on s’en fout. D’ailleurs, ça n’a que peu d’influence : le sol violette n’a pas révolutionné Toulouse par exemple. C’est juste une initiative à 2 balles de plus, une initiative de la mairie pour brosser les commerçants du centre-ville dans le sens du poil.

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– Les SEL

Les SEL existent depuis plusieurs dizaines d’années. En résumé, il s’agit pour les membres d’une même association de bosser les uns pour les autres en échange de coupons d’une valeur fixée sur le temps de travail. Ainsi, le maçon va réparer le toit de la prof de math qui va en échange donner des cours de soutien au fils du plombier qui lui même va changer les canalisations des chiottes du maçon… Et tout cela sans passer par les euros.

Bon, vous vous demandez sûrement : « mais qu’est ce qu’ils ont à chercher des poux sur la tête de ces braves gens qui se rendent service les uns aux autres ? ».  Eh bien il ne s’agit pas d’empêcher ces gens de faire leurs petites affaires dans leur coin. Mais simplement de remettre les choses dans leur contexte.

Pour commencer, ce genre de système d’échange participe d’entériner des rapports marchands à la place de simples services rendus. En ce sens, cela n’est qu’un reflet, avec un vernis « alternatif » de la période.

Depuis Uber jusqu’à des applications pour s’improviser coiffeur à domicile : la vente de service entre particuliers est en pleine expansion. Cela signifie simplement trouver toujours plus de biais pour vendre ta force de travail. Tout ce qui auparavant était de l’ordre de l’entraide est ainsi converti en monnaie sonnante et trébuchante, dans sa version classique, ou en petits coupons avec une fleur dessus, dans la version alternative. Et comme toujours, la version alternative est arrivée avant la version grand public : c’est comme pour la musique, ou les bars branchés.

En derniers recours, ce genre d’initiative est un peu triste. Aussi , lorsque tu objectes à des usages des SEL que tant qu’à essayer d’être dans l »alternatif » pourquoi ne pas tenter carrément l’entraide, la gratuité? Ils te répondent qu’ il y a toujours des profiteurs à débusquer. C’est là, où ce genre de projet se montre tel qu’il est: une simple gestion de la pénurie.

Et puis, faut le rappeler, c’est du black, et souvent mal payé pour du black.

– Les monnaies alternatives en période de crise.

Là, c’est du plus lourd.  Nous avons parlé de la mode de ces dernières années, mais on peut faire remonter très loin l’histoire de ces monnaies alternatives.

Ainsi, on trouve dès le XVIe siècle plusieurs exemples de monnaie de siège. Cela correspond alors à des situations particulières, ou la population assiégée voit la monnaie régulière lui faire défaut.  Une autre monnaie va alors être frappée par les autorités, pour permettre la circulation monétaire pendant la durée du conflit. C’est en fait le premier objet de ces types de monnaies : le maintien d’un système d’échange basé sur le fric.

Plus proche de nous, on a pu observer un développement de ces monnaies durant la crise de 2001 en Argentine. C’est le projet à long terme qui anime les partisans des SEL. Il s’agit ni plus ni moins que la réinstallation d’un système monétaire, là ou l’officiel a fait faillite. C’est un outil de relance de l’économie capitaliste. Là aussi il s’agit de valoriser ( comprendre : exploiter) la force de travail vacante du fait du chômage. En Argentine, cela a tellement bien marché que certains états ( l’Argentine est une République fédérale de plusieurs états) ont accepté de recevoir une partie du paiement des impôts en monnaies locales alternatives…avec laquelle par exemple, ils pouvaient ensuite payer en partie les fonctionnaires.

Bref, c’est un outil comme un autre de la relance économique. Un outil pour réinstaurer des rapports capitalistes et marchands, qui s’il marche, finit même par recevoir la bénédiction étatique. Et cela signifie aussi pour une partie des prolétaires, celles et ceux qui n’ont pas les bonnes compétences à vendre, qui sont trop vieux ou trop malades pour pouvoir travailler, la galère, la misère.

Voilà pourquoi nous préférons organiser la gratuité, mettre en place des mesures communistes. Pour ne laisser personne sur le carreau, nous en sortir tous et toutes ensemble.

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