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Notes provisoires sur les développements réactionnaires concernant l’immigration, les réfugiés et le régime frontalier de l’Union européenne

[Nous publions ici un texte rédigé il y a quelques jours par des camarades grecs du groupe Antithesi. Merci aux traducteurs!]

La situation en Grèce après l’accord UE-Turquie

Près de quatre ans se sont écoulés depuis l’adoption de l’accord UE-Turquie qui visait à empêcher l’entrée incontrôlée d’immigrants/réfugiés sans papiers au sein de l’UE et, plus largement, à reconstituer les mécanismes de régulation, de contrôle et de discipline de leur circulation, qui s’étaient complètement effondrés entre 2015 et le début de 2016 – lorsque plus d’un million d’immigrants/réfugiés ont réussi à traverser le continent et à atteindre l’Allemagne et d’autres pays européens développés du « centre » 1.

Au départ, cet « accord » a entraîné une réduction significative des arrivées : entre avril 2016 et décembre 2016, seuls 22 000 immigrants/réfugiés ont franchi les frontières de la Grèce2. La situation est restée la même en 2017, avec 30 000 arrivées, et a commencé à changer en 2018 avec plus de 50 000 passages de frontières. L’escalade de la guerre et de la violence en Syrie et en Afghanistan en 2019, d’une part, et la détérioration de l’économie turque au cours de la même période (le PIB de la Turquie n’ayant augmenté que de 0,3 % selon les estimations du Conseil européen), d’autre part, ont entraîné une augmentation significative des arrivées, avec 75 000 personnes ayant franchi les frontières en 2019. Le plus grand nombre de ces dernières (56 000) est arrivé en Grèce après l’élection du parti de droite Nouvelle Démocratie, dont l’un des principaux points de sa campagne électorale était de « fermer les frontières ».

Entre mars 2016 et juillet 2019, alors que le pays était encore gouverné par le parti de gauche SYRIZA, le nombre d’immigrants/réfugiés confinés dans les îles a augmenté très rapidement : En mai 2016, 8.500 personnes étaient retenues dans les îles contre 50.000 sur le continent ; en février 2017, les chiffres correspondants étaient de 14.500 et 48.000 ; en septembre 2018, 17.600 contre 65.000 ; en juillet 2019, 19.000 contre 64.100. La situation s’est encore aggravée au cours des derniers mois, avec Nouvelle Démocratie aux commandes, puisque 41.200 personnes étaient confinées dans les îles contre 74.400 sur le continent à la fin janvier 2020, selon les données du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés). La situation dans les camps des îles est horrible car tous ces camps ont une capacité prévue totale de 5.400 personnes alors que plus de 35.000 personnes vivent dans des bidonvilles improvisés autour des sites de ces mêmes camps.

Au départ, la raison de l’enfermement des immigrants/réfugiés dans les îles par le gouvernement de SYRIZA était d’endiguer le flux des arrivées en créant une situation misérable dans les camps insulaires qui découragerait le passage des frontières. Dans le même temps, sur le continent, plus de 15.000 personnes qui ont séjourné dans le camp de transit auto-organisé d’Idomeni, dans leur tentative de poursuivre leur voyage vers les pays du nord de l’UE, ont été évacuées de force par la police après le 24 mai 2016 et ont été transférées vers d’anciens camps militaires dans des zones isolées3. Comme nous l’avons écrit dans notre texte de 2016 : « L’abjection et la cruauté de cette opération ont été sans précédent. L’entrée du camp était complètement interdite, même aux volontaires accrédités des ONG. Ainsi, la distribution de nourriture et le nettoyage des installations sanitaires ont été entravés pour que les immigrants soient obligés de monter dans les bus de la police qui les transportaient vers les centres d’isolement. En ce qui concerne la couverture médiatique de l’opération policière, seuls les médias publiques, la télévision nationale grecque (ERT) et l’agence de presse d’Athènes ont été autorisés à entrer sur le lieu. En d’autres termes, même la liberté de la presse a été violée ! Les immigrés qui sont montés de force dans les bus ne savaient pas exactement où ils allaient, un incident qui montre que certaines des pratiques des régimes dits totalitaires, comme par exemple le déplacement forcé vers une destination inconnue, peuvent bien être appliquées dans un régime capitaliste démocratique dirigé par un parti démocratique de gauche »4.

Par la suite, le gouvernement SYRIZA, en coopération avec le HCR et l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), a renforcé les divisions entre les immigrants/réfugiés, car les « demandeurs d’asile » ont été sélectionnés pour être transférés des îles vers le continent selon les critères dits de « vulnérabilité ». Même dans ce cas, le nombre d’appartements, de chambres d’hôtel et de places dans les camps fournis n’étaient pas suffisant et la procédure était vraiment lente. Il n’y a pas eu de plan ni d’efforts efficaces pour atténuer les conditions de vie horribles dans les îles, puisque le principal objectif de l’accord UE-Turquie était précisément de rendre la vie des immigrants/réfugiés extrêmement difficile. Cependant, l’augmentation des arrivées en 2018 et en 2019 a créé des conflits au sein des camps insulaires entre les immigrants/réfugiés et des tensions importantes avec la partie de la population locale qui est raciste. C’est pourquoi, en octobre 2018, le gouvernement SYRIZA a mis en œuvre un « projet de décongestion » en coopération avec l’OIM en passant des contrats avec des hôtels de l’Attique, du Péloponnèse, d’Evia, de Serrès, de Grevena, de Thessalonique, de Kilkis, de Kastoria et d’Asprovalta qui, en avril 2019, finissent par abriter 6.300 personnes5.

Sur les 70.200 immigrants/réfugiés qui vivaient sur le continent à la fin de novembre 2019, 22.200 résidaient dans des camps, 21.000 étaient logés dans des appartements loués par le HCR et 8.500 étaient hébergés dans des hôtels loués par l’OIM en coopération avec le gouvernement grec6. Le gouvernement de Nouvelle Démocratie a fait face à une énorme pression de la part des autorités locales des îles (le plus souvent politiquement affiliées) qui ont essayé d’empêcher par des mobilisations l’augmentation du nombre d’immigrants/réfugiés enfermés sur les îles. Début octobre 2019, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé que 40.000 immigrants/réfugiés jusqu’à la fin de 2020 seraient transférés sur le continent et logés dans des hôtels et que 16.000 d’entre eux seraient insérés sur le marché du travail par le biais de programmes d’embauches7. Dans le même temps, il a annoncé la création de camps de détention fermés dans les îles, pour les immigrants/réfugiés demandeurs d’asile8.

Le plan du gouvernement visant à mettre en œuvre le transfert des immigrants vers le continent a suscité de vives réactions de la part des autorités locales et d’une partie importante de la population dans les municipalités périphériques telles que Naoussa, Asprovalta, Serrès, Skydra et ailleurs, régions où la Nouvelle Démocratie, et l’extrême droite en général, sont traditionnellement fortes. Dans certains cas, les motifs de ces réactions étaient liés à la percepective d’une « menace pour le tourisme » de la région, comme dans le cas d’Asprovalta, et étaient dirigées par des capitalistes locaux (propriétaires de petits hôtels). Dans d’autres cas, ces réactions étaient purement racistes et alimentées par des théories conspirationnistes sur la « substitution de la population », l' »islamisation du pays », etc. Dans le cas des îles, la concentration de tant de jeunes hommes immigrés et réfugiés dans les bidonvilles à l’extérieur des camps et dans l’espace public des villes a contribué à la montée du racisme, en raison de la création inévitable de tensions avec la population locale. Les transferts vers le continent ont été retardés mais n’ont pas été complètement arrêtés par les réactions de la population locale sur le continent. Plus précisément, entre le début de l’année 2020 et le 1er mars 2020, 6.174 transferts des îles vers le continent ont eu lieu9.

Toutefois, le taux de transfert vers le continent est très faible par rapport au taux de croissance des passages de frontières depuis 2018. Le gouvernement de droite a décidé de créer de nouveaux camps fermés dans les îles afin de pouvoir contrôler l’afflux croissant de population, car l’option de les laisser circuler librement à l’intérieur du pays serait en contradiction avec sa politique de « frontières fermées », très propagée, ainsi qu’avec l' »accord » UE-Turquie et le consensus politique dominant au sein de la direction de l’Union européenne pour freiner les migrations. Afin de créer ces camps, le gouvernement a annoncé la réquisition de terres dans des parties relativement isolées des îles et a tenté de commencer les travaux sous la protection des escouades de la police anti-émeute transférées d’Athènes le 25 février 2020. Le résultat a été explosif : une partie importante de la population insulaire a participé à des barrages routiers et à des conflits très violents avec la police anti-émeute. Trois jours plus tard, le 28 février, le gouvernement a été obligé de se retirer temporairement et de rappeler les unités spéciales de police des îles.

Quelques commentaires sur les récentes réactions sociales et sur la réponse de l’État grec

La composition sociale et politique des mobilisations contre la création des nouveaux camps fermés dans les îles était mixe. Des manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche, voire des antifascistes et des anarchistes, ont participé aux affrontements et aux blocages. En ce qui concerne la composition de classe, les petits agriculteurs, les travailleurs indépendants et les travailleurs indigènes ont participé. À notre connaissance, il n’y a eu aucune participation de réfugiés/immigrants et aucune tentative de communication avec eux de la part des « indigènes »10. En ce qui concerne le contenu politique des mobilisations, le blocus de Mantamado a été dominé par le Parti communiste (KKE) qui a condamné la transformation de Lesvos en « prison et en camp de concentration pour immigrants » et a appelé à l’abolition de l’accord UE-Turquie et au transfert des immigrants vers le continent. Au contraire, le blocus de Diavolorema a été dominé par des éléments de droite et fascistes.

Il faut noter qu’un mois avant les affrontements contre les réquisitions et la création des « camps fermés », lors des mobilisations vraiment massives organisées par les autorités municipales le 22 janvier pour exiger la « décongestion » des îles, le discours dominant appelait à la « fermeture des frontières », faisant même référence au trope raciste sur la prétendue « substitution de la population locale par des immigrants » et l' »islamisation du pays ». Le gouverneur régional du nord de la mer Égée, Moutzouris, qui a été soutenu par Nouvelle Démocratie lors des élections régionales, ne s’est pas empêché de faire circuler des théories de conspirationnistes antisémites sur l’implication présumée de George Soros dans le renforcement du « rôle sinistre des ONG ». En outre, des groupes d’autodéfense fascistes/racistes ont été formés et ont déjà commis un certain nombre d’attaques contre des membres d’ONG, des gauchistes et des immigrants à Lesvos et Chios l’année dernière. Le résultat de la retraite du gouvernement après les affrontements de la population locale avec la police anti-émeute à la fin du mois de février a été le renforcement effectif du discours et des pratiques de droite, malgré l’influence du parti communiste à Mantamado et malgré la participation des gauchistes et des anarchistes aux blocages. Comme l’ont fait remarquer certains camarades de Lesvos, la défaite de la police anti-émeute a permis aux groupes d’autodéfense racistes d’avoir le vent en poupe, ils ont alors estimé qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient sans répercussion.

Lorsque le gouvernement turc a décidé, début mars, d’encourager les immigrants/réfugiés à franchir les frontières à Evros afin de faire pression sur l’Union européenne pour qu’elle soutienne sa campagne militaire dans le nord de la Syrie contre les forces d’Assad et de la Russie, également afin de renégocier l' »accord » UE-Turquie, pour qu’elle puisse arracher plus de fonds pour la gestion des 3.6 millions d’immigrants/réfugiés qui sont bloqués sur son territoire, la réaction du gouvernement grec a été de militariser le contrôle des frontières, d’ouvrir le feu, de blesser et de tuer des immigrants/réfugiés tant aux frontières terrestres que maritimes et de suspendre les demandes d’asile en violation de la Convention de Genève et du droit international. Dans le même temps, il a donné carte blanche aux groupes d’autodéfense fascistes pour s’attaquer aux immigrants/réfugiés, aux journalistes présents aux frontières ou sur les îles, ainsi qu’aux membres des ONG et aux gauchistes11. Cette initiative a été soutenue (et probablement pré-approuvée) par les dirigeants de l’Union européenne. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, se sont rendus à Evros pour inspecter leurs troupes chargées du contrôle des frontières. Il est clair que la direction de l’Union européenne s’aligne totalement sur les efforts du gouvernement grec pour fermer les frontières avec la Turquie et pour empêcher toute possibilité de répétition de l’afflux d’immigrants/réfugiés dans l’UE de 2015. Dans ce contexte, l’UE a fourni au gouvernement grec une aide supplémentaire de 700 millions d’euros pour renforcer le contrôle des frontières et une force supplémentaire de 1 500 gardes-frontières Frontex.

À première vue, il semble que la ligne du groupe Visegrád (République tchèque, Slovaquie, Hongrie et Pologne) et des partis d’extrême droite pour la fermeture des frontières soit devenue dominante au sein de l’Europe en raison des gains électoraux de ces derniers aux dépens des partis de centre-droit. Il ne faut cependant pas oublier que la fermeture des frontières est également soutenue par des partis de gauche et de centre-gauche tels que SYRIZA. Leurs principaux désaccords concernent le déchaînement des groupes d’autodéfense d’extrême droite et la tentative d’envelopper la limitation du droit d’asile d’un voile de légalité et d’humanitarisme, comme dans le cas de l’accord UE-Turquie. La gauche du capital et son État souhaite le contrôle exclusif de l’immigration par les institutions de l’État et de l’UE, afin de prévenir une éventuelle déstabilisation politique qu’entraînerait une autonomisation des activités fascistes.

Pas de fin des mauvais jours à l’horizon ?

Le gouvernement de la Nouvelle Démocratie a utilisé la démarche du gouvernement turc pour faire d’une pierre deux coups. D’une part, il a imposé la fermeture militarisée des frontières et a temporairement réduit l’afflux croissant d’immigrants/réfugiés avec le soutien total des dirigeants de l’UE. D’autre part, il a réussi à rallier à lui l’extrême droite de sa base électorale, malgré les affrontements de la semaine précédente à Lesvos et Chios avec la police anti-émeute. Grâce à la propagande nationaliste anti-turque qui a présenté les tentatives des immigrants/réfugiés de traverser les frontières comme une « invasion hostile », elle a réussi à promouvoir le spectacle de « l’unité nationale » contre un « ennemi étranger » présumé mais inexistant qui s’incarne dans la figure du prolétaire immigré.

Cependant, une telle politique est par défaut instable et précaire comme l’ont montré les événements de février dernier à Lesvos et Chios. Il est vrai, en effet, que Nouvelle Démocratie a renforcé le bloc social réactionnaire depuis l’époque des « rassemblements macédoniens »I des années précédentes, visant, dans un premier temps, son soutien électoral et, par conséquent, son soutien à l’attaque continue contre le salaire direct et social et, plus généralement, contre les moyens de subsistance des prolétaires immigrés/réfugiés et locaux – attaque qui pourrait éventuellement conduire à une véritable révolte prolétarienne impliquant à la fois les prolétaires locaux et les prolétaires immigrés/réfugiés. En ce sens, il s’agit en quelque sorte d’une politique de « contre-insurrection préventive »12, mais la Grèce n’est pas un État fasciste, et encore moins le reste de l’Union européenne. Après les premières annonces de soutien, le président de la Commission européenne von Leyen a commenté les rapports sur les violentes attaques aux frontières grecques contre les immigrés/réfugiés : « Par principe, toutes les réponses doivent être proportionnées. Les incidents violents présumés doivent faire l’objet d’une enquête, et un usage excessif de la force est inacceptable. » Il est donc possible que le gouvernement grec ne soit pas en mesure de tenir l’extrême droite en laisse et sous contrôle. Dans un tel cas, son autonomisation probable en tant que force politique déstabilisera alors la situation politique et le pouvoir.

Il est certain que l’escalade de la violence d’extrême droite crée une situation très difficile pour les réfugiés/immigrants, pour les militants d’extrême gauche, pour le milieu anarchiste/anti-autoritaire, pour les membres des ONG et même pour les personnes exprimant simplement leur solidarité avec les immigrants/réfugiés. Il est crucial d’organiser notre autodéfense et notre contre-attaque contre les groupes d’autodéfense d’extrême droite. Cependant, nous ne devons pas oublier, dans le cadre de nos activités nécessaires contre les fascistes et la police, que SYRIZA a ouvert la voie à l’attaque actuelle des prolétaires immigrés/réfugiés par la droite.

Comme l’a écrit le communiste-anarchiste Luigi Fabbri en 1921 : « La lutte contre le fascisme ne peut être menée efficacement que si elle frappe les institutions politiques et économiques dont il est une émanation et dont il tire sa subsistance. De plus, les révolutionnaires qui visent à faire tomber le capitalisme et l’État, s’ils se laissaient entraîner par le fascisme comme un éclair détourné par le paratonnerre, et s’ils consacraient tous leurs efforts et s’épuisaient à la seule lutte contre le fascisme, feraient le jeu des institutions mêmes qu’ils voudraient voir détruites. En se servant des fascistes comme d’un croque-mitaine, l’État capitaliste réussirait non seulement à se protéger et à se faciliter la vie, mais aussi à persuader une partie du prolétariat de travailler en coopération avec lui et de prendre sa part du gâteau. Aujourd’hui encore, alors que d’un côté le capitalisme utilise le fascisme pour faire chanter l’État, l’État lui-même utilise le fascisme pour faire chanter le prolétariat, en diffusant le message : « Abandonnez vos rêves d’expropriation politique et économique et ordonnez à vos dirigeants de coopérer avec moi pour renforcer les institutions de l’État, ou je resterai là à vous voir battre et tués par les fascistes et, s’ils ne sont pas à la hauteur de la tâche, je leur donnerai moi-même un coup de main ». Tant que le prolétariat est habitué à considérer le fascisme comme son ennemi spécial, contre lequel il a un combat particulier, le stratagème de chantage du gouvernement peut toujours réussir ; et tant que ce chantage fait son travail, le gouvernement a intérêt à ce que le fascisme continue de survivre »14.

Antithesi, 10 mars 2020

1] Une analyse plus détaillée des événements de cette période est fournie par notre texte « Vogelfrei. Migration, déportations, le capital et son état ».

2] Toutes les données ont été collectées à partir de la base de données du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés), sauf mention contraire.

[3] https://el.wikipedia.org/wiki/Ειδομένη_Κιλκίς (en grec).

[4] Antithesi, op. cit.

[5] « Défaillance structurelle : Pourquoi le système d’accueil de la Grèce n’a pas fourni de solutions durables », Rapport de Refugee Support Aegean, 18 juin 2019, disponible à l’adresse suivante : https://rsaegean.org.

6] T. Georgiopoulou, « Nouveaux centres d’hébergement contrôlé en Grèce continentale », Kathimerini, 2 décembre 2019 (en grec).

[7] Naftemporiki, 4 octobre 2019, https://www.naftemporiki.gr/story/1520713 (en grec).

[8] Portail d’information news247.gr, 4 octobre 2019 (en grec). Mitsotakis a également annoncé que 10.000 immigrants/réfugiés seraient renvoyés en Turquie jusqu’à la fin de 2020, un nombre qui est presque égal à cinq fois le nombre total de retours depuis 2016 (2.117 selon la base de données du HCR).

[9] A Vima, le 5 mars 2020 (en grec).

Cependant, des manifestations ont été organisées par des immigrants/réfugiés pendant ces jours à Lesvos pour demander leur transfert sur le continent. Selon certains camarades de l’île, la police a pris des mesures afin d’empêcher tout contact entre les manifestants immigrés/réfugiés et les manifestants grecs.

Des membres de groupes d’extrême droite et fascistes d’Europe (comme les membres du groupe allemand « Mouvement d’identité ») se sont rassemblés à Evros et dans les îles pour soutenir leurs camarades grecs et participer aux attaques. Ces éléments étaient très probablement impliqués dans les incendies criminels des centres d’accueil de migrants à Lesvos et à Chios.

12] L. Fabbri, « Preventative Counter-Revolution », disponible à l’adresse suivante : https://libcom.org/library/preventative-counter-revolution-luigi-fabbri. Nous utilisons le concept de « contre-révolution préventive » parce que, comme l’ont montré les récents mouvements en France, au Chili, en Équateur, au Liban et ailleurs, des révoltes prolétariennes peuvent éclater à tout moment et de manière inattendue en raison de la tentative prolongée du capital de transférer les coûts de la crise capitaliste prolongée sur les épaules des prolétaires.

13] H. Der Burchard et D. Herszenhorn, « Von der Leyen veut un « accord viable » avec Erdoğan sur la migration », Politico.eu, 3 mars 2020.

[14] L. Fabbri, op.cit.

Note des traducteurs :

I : En 2018, un mouvement social nationaliste a émergé en Grèce contre l’accord de Prespes. Cet accord, signé par les gouvernements de la Grèce et de la Macédoine (désormais Macédoine du Nord), visait à résoudre un conflit qui durait depuis des décennies concernant le nom officiel de l’État de Macédoine et, par la suite, à améliorer les échanges commerciaux et militaires entre les deux États et à ouvrir la voie à l’entrée de la Macédoine dans l’Union européenne. La protestation, qui ont également été soutenues par le parti Nouvelle Démocratie – alors dans l’opposition – a pris la forme de manifestations massives, des blocages d’écoles, des confrontations avec la police et d’attaques contre les migrants et les squats anarchistes (incendie du squat Libertatia entre autre).

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